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Autotest HIV… ce qu’il faut savoir

Un autotest HIV est désormais disponible en pharmacie. Lisez cet article pour découvrir quelques infos utiles à ce sujet.

Un autotest de dépistage du virus du sida (virus HIV) est en vente en pharmacie depuis novembre 2016. Qu’est-ce que cela implique pour vous?

En Belgique, jusqu’à présent, le dépistage du virus du sida se faisait chez le médecin traitant ou à l’hôpital, certains groupes spécifiques comme les homosexuels et les travailleurs du sexe bénéficiant  de programmes de dépistage spécifiques. La stratégie la plus couramment utilisée prévoyait une prise de sang ou un  TROD (Test de dépistage Rapide à Orientation Diagnostique à partir d’une goutte de sang prélevée au bout du doigt ou à partir d’un prélèvement salivaire).

Depuis la fin du mois de novembre 2016, un nouveau test est à votre disposition en pharmacie pour faire un dépistage du virus du sida seul  chez soi.

Comment cela se passe-t-il ?
Vous sortez tout le matériel de la boîte devant vous  avec la notice. Vous mettez le diluant dans un support en plastic posé devant vous. Vous vous lavez les mains à l’eau chaude et vous vous désinfectez le bout du doigt avec un tampon d’alcool. Vous vous piquez le bout du doigt avec un autopiqueur.  Vous pressez votre doigt pour faire sortir une goutte de sang. Vous imbibez l’autotest de votre sang (une toute petite goutte suffit!) et vous disposez l’autotest sur le support. Une première ligne apparaît, preuve que la manipulation a été bien faite. Vous attendez maximum 20 minutes. Si une seconde ligne apparaît, votre autotest est réactif et vous devez alors vous rendre chez un médecin pour réaliser un test de confirmation par prise de sang.

Combien cela coûte-t-il ?
Le prix de vente conseillé aux pharmacies s’élève à 29,90 euros.

Ce test est-il fiable ?
Oui, pourvu que l’on tienne compte d’une fenêtre de sécurité de trois mois.
S’il n’y a pas eu de risque de transmission du virus du sida durant les trois derniers mois, un test non réactif (négatif) est bien négatif et vous informe que vous n’avez jamais été contaminé par le virus du sida.  Si vous avez été contaminé il y a moins de trois mois, votre corps n’a pas encore produit suffisamment d’anticorps  et l’autotest ne peut pas le déceler.
En cas de test réactif (positif), il faut se rendre chez un médecin pour faire une prise de sang de contrôle et faire confirmer le résultat par un Laboratoire de Référence Sida car il peut s’agir d’un « faux positif ».
Le marquage CE sur le kit d’autotest VIH distribué en Belgique et en France par ActionPharma®  prouve que le produit répond aux exigences de qualité de la Directive Européenne 98/79/CE.

Quel est l’intérêt de ce nouveau test ?
Actuellement 40% des diagnostics du virus du sida sont en fait des diagnostics tardifs. La personne qui ignore son statut de personne séropositive pendant des années contamine d’autres personnes sans le savoir. De plus, elle ne bénéficie pas du traitement précoce qui pourrait pourtant  rendre sa charge virale indétectable (invisible) et l’usage du préservatif superflu. En mettant un autotest du virus du sida à disposition de la population en pharmacie, les spécialistes de la santé espèrent qu’il y aura beaucoup plus de dépistages précoces du virus du sida et donc plus de traitements précoces et  plus de personnes séropositives avec une charge virale indétectable et donc non contagieuses…
Et pour les travailleurs du sexe ?
Si a priori il s’agit d’un outil facile d’accès et d’utilisation  et utile pour vous rassurer en cas de stress d’une contamination par le sida , il a certainement ses limites.
1°/ Contrairement à la prise de sang, il ne permet pas l’identification d’autres infections sexuellement transmissibles que le virus du sida. Il ne remplace donc pas la prise de sang et le frottis annuels pour un dépistage plus large de la syphilis, des hépatites B et C, de la chlamydia, du gonocoque, du papillomavirus et du cancer du col de l’utérus.
2°/ Il vous renseigne sur votre statut sérologique d’il y a trois mois alors qu’une prise de sang permet de détecter la présence du virus du sida avec certitude déjà 6 semaines après la prise de risque.
3°/ Il pourrait être utilisé par le client pour négocier une passe sans préservatif sans tenir compte de la fameuse fenêtre des trois mois et des autres infections sexuellement transmissibles que le sida.
4°/Il pourrait vous être imposé par un tiers et vous priver de votre droit au secret médical.

Nous ne manquerons pas de vous interroger sur l’usage de l’autotest HIV lors de nos prochaines visites.